Rencontre avec…  Charline Bresse  .  Directrice du Développement de Lavorel Hotels

En plaine ou en montagne, sur l’eau ou sur terre, dans un cadre médiéval ou très contemporain, Jean-Claude Lavorel, le président du groupe éponyme, est devenu un acteur incontournable de la vie hôtelière et du marché du MICE en Auvergne-Rhône-Alpes. Après avoir fait main basse sur le Hilton Lyon (rebaptisé Marriott) et sur l’Auberge de Letraz, en Haute Savoie, il s’apprête à faire l’acquisition de deux autres établissements emblématiques dans la région. Confidences de Charline Bresse, directrice du développement de Lavorel Hotels, qui en profite pour expliquer la stratégie du groupe en matière de tourisme d’affaires.

Comment se porte le groupe Lavorel Hotels?
Le groupe est en pleine expansion. On devrait boucler deux belles acquisitions avant fin septembre dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ces deux acquisitions vont intervenir quelques mois après le rachat de l’Auberge de Letraz, sur les bords du lac d’Annecy. Cet établissement va faire l’objet d’importants travaux. Il sera fermé de novembre 2018 à juin 2019 pour être entièrement rénové et relooké.

Au total, en attendant les deux acquisitions de l’automne, ce rachat porte à combien le nombre d’établissements du groupe ?
Outre la compagnie des Bateaux Lyonnais, nous possédons désormais cinq établissements hôteliers. Dans l’ordre chronologique, les Suites de la Potinière, quinze suites situées au cœur de Courchevel acquises en 2008, puis le Château de Bagnols, Relais & Châteaux acheté en 2012 avec 27 suites et restaurant gastronomique étoilé. En 2014 est intervenu le rachat du Hilton, à Lyon, qui était sous contrat de management, passé sous contrat de franchise Marriott en janvier 2015. C’est le plus gros porteur du groupe avec ses 204 chambres, 17 salons, 1 restaurant le Zucca et un bar. Enfin, avant l’acquisition de l’Auberge de Letraz, Lavorel Hôtel a mis en chantier le Kopster Hotel, hôtel au concept de décoration décalé qui ouvrira ses portes le 1er octobre 2018 au pied du Groupama Stadium avec 140 chambres.

 Dans ce contexte, le tourisme d’affaires est-il un moteur de croissance pour Lavorel Hotels ?
Oui, c’est même le segment principal du groupe. A l’exception des Suites de la Potinière, à Courchevel, clairement positionné loisirs, tous les autres établissements font de la clientèle business leur cœur de cible.

Quel est le niveau de contribution de cette clientèle business ?
Cela représente environ 70% du chiffre d’affaires du groupe et les deux tiers des nuitées. Le Marriott est le principal contributeur mais on profite aussi des synergies entre les différents établissements. Le changement de stratégie, il y a quatre ans, a permis aussi de s’ouvrir avec succès au MICE sur une destination comme le Château de Bagnols qui reçoit de plus en plus de comités de direction et de séminaires haut de gamme.

Quelle est la stratégie du groupe pour se démarquer de la concurrence ?
Avant tout le service client, que l’on soit en trois, en quatre ou en cinq étoiles. On propose une prestation personnalisée, en fonction des clients avec une politique tarifaire très ciblée en fonction de la période et de la demande. Pour créer des synergies entre nos différents sites, le groupe dispose d’un seul et unique service commercial. Ce cluster peut ainsi proposer des formules à la demande. Par exemple, une entreprise en séminaire durant trois jours au Marriott pourra organiser un dîner de gala au Château de Bagnols et une autre soirée sur un Bateau Lyonnais puisque l’hôtel dispose d’un ponton sur le Rhône. Chaque client a un interlocuteur unique. C’est essentiel pour fidéliser notre clientèle et apporter un service sur mesure.

Le groupe a-t-il encore des projets dans les tiroirs ?
La priorité, c’est l’acquisition des deux établissements en septembre. Lavorel Hotels a aussi pour ambition de mener une stratégie très offensive sur le marché du tourisme d’affaires en basse saison. Enfin, pour les Bateaux Lyonnais, on voudrait développer le segment promenade sur le Rhône, projet d’autant plus pertinent depuis l’ouverture du Grand Hôtel-Dieu. Pour l’instant, nos bateaux promenade naviguent uniquement sur la Saône. Mais pour cela, il faudra les autorisations de la Métropole et de la Ville…

Propos recueillis par Pascal Auclair