Situé au beau milieu des vignobles de Provence, près d’Orange, le prestigieux Château de Massillan a traversé les siècles pour devenir l’un des sites événementiels les plus atypiques de la région. Cet ancien relais de chasse du roi Henri II, érigé au XVIeme siècle, s’est en effet offert une étonnante cure de jouvence… verte, sous l’impulsion de l’une des figures de l’agroalimentaire bio en France, l’Ardéchois Didier Perréol. Le fondateur de l’enseigne EKIBIO, récemment élu président de Synabio, le syndicat des transformateurs et distributeurs bio, a racheté le domaine fin 2013 avec une ferme ambition : transformer ce fleuron de l’hôtellerie en un petit paradis environnemental, dont on goûterait aux charmes luxueux en toute écoresponsabilité.

En quoi consiste la nouvelle philosophie des lieux ?
Je souhaitais faire du Château Massillan un lieu résolument atypique, au gré d’une démarche d’ensemble alliant le bien-être à une forte pédagogie environnementale. L’objectif, proposer à nos visiteurs une véritable reconnexion à la nature. La transformation et la remise aux normes du château se sont effectuées dans cet état d’esprit : nous avons eu recours aux conseils d’un géobiologue, nous avons utilisé des matériaux naturels… Aujourd’hui, tout concourt à cette philosophie combinant raffinement et naturalité, de nos vins en biodynamie à notre bio spa en passant par notre cuisine gastronomique alimentée par notre potager.

Cette spécificité est-elle un atout pour le tourisme d’affaires ?
Oui, car trouver ce type de lieu, proche de la nature et propice à évacuer le stress, est assez rare. Nous sensibilisons nos visiteurs à cet écosystème très particulier, qui, au-delà du message délivré, les place dans des conditions de travail optimales. L’idée est aussi de favoriser les interrogations sur cette notion de forte pression en entreprise et sur la nécessité d’‘’entreprendre pour un nouveau monde’’, qui est le titre de mon dernier ouvrage. Cela n’a rien d’une utopie : c’est une expérience que j’ai vécue et que je veux partager. C’est pourquoi j’interviens à la demande lors de séminaires et autres événements d’entreprise.

Quelle est la part de votre activité d’affaires ?
Elle s’établit aujourd’hui aux alentours de 25%, mais nous mettons tout en mesure pour la faire augmenter. Le reste de notre activité se répartit entre l’accueil touristique, environ 60%, et des mariages et événements privés, qui représentent les 15% restants. Nous avons récemment embauché une commerciale dédiée à l’activité d’affaires, pour contribuer à son développement. Le château attire énormément de monde le week-end, mais nous pouvons gagner encore sur ce créneau en semaine.

Quel est le profil des entreprises que vous accueillez ?
Notre clientèle est avant tout régionale, principalement du grand quart sud est. Mais elle se développe de plus en plus sur le plan national, avec des groupes qui, plutôt que d’aller à l’étranger, préfèrent désormais les charmes d’une région comme la Provence. Nous accueillons des entreprises de taille et de notoriété variées, des PME aux grands groupes comme Boiron ou Guerlain en passant par la SNCF, EDF et même la Gendarmerie Nationale. Nous commençons à avoir des habitués, qui reviennent chaque année et à qui l’on privatise le château.

Quels sont les atouts que vous leur faites valoir ?
D’abord le fait d’être situé en pleine nature, dans un environnement calme et privilégié, mais à 10 minutes seulement d’une sortie d’autoroute et de la gare SNCF d’Orange. Nous sommes aussi à 35 minutes de la gare TGV d’Avignon, à 1 heure de l’aéroport de Marseille-Provence et à 1h30 de celui de Lyon-Saint Exupéry. Une très bonne accessibilité, en somme. Et il n’y a, bien sûr, aucune problématique de stationnement au château !

Et sur le plan des prestations d’affaires ?
Nous mettons à disposition de nos clients cinq salles, dont une grande pouvant accueillir 200 personnes et quatre autres de tailles plus ou moins réduites. En matière d’hébergement, nos 32 chambres offrent tout le confort d’un standing 4 étoiles, avec des lits que l’on peut séparer pour doubler la capacité d’accueil. Nos clients peuvent aussi profiter de notre parc de 10 hectares, avec terrain de pétanque, étang, jardin potager…, de notre nouveau spa de 600 m2 avec piscine intérieure, parcours hydro sensoriel, sauna, hammam, cabines de massage… Enfin, en termes de restauration, nous proposons une cuisine gastronomique élaborée à partir de nos propres produits, frais et de saisons. Et le groupe Ekibio fournit naturellement le domaine en articles bio.

Quels types d’activités d’ordre ludique proposez-vous ?
Nous sommes en mesure de répondre à de nombreuses demandes en matière de team building, si tant est qu’elles soient non motorisées. Nous tenons en effet à notre démarche environnementale, et si nous ne voulons pas jouer les donneurs de leçons, nous ne souhaitons pas non plus promouvoir d’activités polluantes. En interne, nous proposons des cours de yoga et de sophrologie, sur une terrasse haut perchée, ou encore des cours de cuisine autour de notre potager. Nous développons aussi une offre oenotouristique autour du domaine viticole limitrophe, dont je suis propriétaire et où l’on cultive 40 hectares de vignes en biodynamie.

Avez-vous une offre particulière à proposer à votre clientèle d’affaires ?
C’est l’occasion d’en lancer une : nous offrirons l’apéritif à tous nos clients qui viendraient vers nous à la lecture de cet entretien !

Avez-vous d’autres perspectives de développement ?
La croissance de notre activité d’affaires, principalement. Sur le plan structurel, nous allons faire une pause, après cinq ans de travaux et dix millions d’euros d’investissement. Notre objectif, aujourd’hui, est de structurer notre équipe et d’atteindre un chiffre d’affaires en 2020 qui nous permettra d’équilibrer les comptes. Il devrait s’établir à 2 millions d’euros.

Propos recueillis par Philippe Frieh

 

Château-Hôtel  –  Restaurant Gastronomique – Bio Spa
730 chemin de Massillan – 84100 Uchaux – France
Jessica Imbert – Service commercial
Tél + 33 (0)4 90 40 69 73

www.chateaudemassillan.fr