Rencontre avec … Philippe Gourgaud, directeur général du Groupe PVG

Fondé en 1979 par Gaston Pollet-Villard, le groupe familial PVG s’est d’abord spécialisé dans la promotion immobilière avant de s’orienter vers l’hôtellerie de luxe, suite à l’acquisition de l’hôtel Beauregard à La Clusaz en 1992. Historiquement ancré dans la station des Aravis, où il assure la gestion de quatre établissements de trois à cinq étoiles, de résidences et de chalets, le groupe a fait l’acquisition en 2013 de l’Impérial Palace**** d’Annecy. C’est pour mener à bien la profonde restructuration de ce fleuron hôtelier de la Belle Époque que Philippe Gourgaud a rejoint l’entreprise, début 2014, au terme d’un brillant parcours l’ayant conduit, via un passage au Canada, des bancs de l’Institut Vatel de Nîmes à la direction de plusieurs établissements à Bordeaux, Genève, Courchevel et Chamonix. Très attaché à la dimension familiale et à l’enracinement régional de l’entreprise, Philippe Gourgaud est aujourd’hui le directeur général de l’ensemble des établissements du Groupe PVG.

Comment se porte le Groupe PVG ?
Il grossit intelligemment et humainement, dans le respect de la tradition familiale qui en régit le développement depuis l’origine. Chaque année, il s’étoffe d’un ou deux projets supplémentaires, à l’image en 2017 de la création d’un nouveau chalet haut de gamme à La Clusaz, le Bossonnet, ou de l’ouverture du premier bowling des Aravis, toujours à La Clusaz. Avec son hôtel historique, le Beauregard****, l’hôtel Au Cœur de Village***** Relais et Châteaux, seul 5 étoiles de la station, La Clusaz reste le fief du groupe, même si le navire amiral est désormais l’Impérial Palace**** d’Annecy. Ce déploiement s’accompagne du développement de nouvelles offres, celle des résidences depuis cinq ans et des chalets avec services depuis trois ans.

Quelle est la part du tourisme d’affaires dans vos activités ?
C’est un segment très important depuis toujours, qui correspond actuellement à 40 à 45% de notre activité. Notre stratégie est clairement de le conforter, de le renforcer et de le bonifier, en hiver et en été comme en intersaison. Le Beauregard****, l’un des fleurons de La Clusaz, tourne ainsi toute l’année, grâce notamment aux nombreux séminaires qui y sont accueillis.

Quels sont les atouts que vous faites valoir auprès de vos clients d’affaires ?
La complémentarité de nos destinations, La Clusaz et Annecy, ainsi que de nos produits, nous permet de proposer une offre variée susceptible de répondre à toutes les demandes. Nous sommes entre lac et montagnes, et nous essayons toujours de mettre en valeur la proximité entre les Aravis et le lac d’Annecy. Il y a toutefois peu d’interaction entre les deux univers, d’autant plus aujourd’hui avec des durées de séminaires plus réduites qu’auparavant. Un client qui vient à La Clusaz n’ira pas forcément à Annecy, et vice-versa. A La Clusaz, où l’on mélange loisirs et travail, il sera à la recherche d’activités incentives, en été comme en hiver. A Annecy, où le loisir ne fait que s’adjoindre au travail, on note une dimension plus professionnelle, presque sérieuse, propice à des événements de type congrès.

Quel est le profil type des entreprises que vous recevez ?
De par notre ancrage historique, nous recevons énormément de sociétés régionales. La stratégie du groupe est d’ailleurs de ne pas s’éloigner de ce bassin économique très dynamique. Mais nous avons aussi un joli marché européen, qui privilégie surtout la destination Annecy. Et notre clientèle émane de tous les secteurs : sport, automobile, cosmétique, industrie pharmaceutique, immobilier…

Quels sont les projets susceptibles d’améliorer encore votre offre ?
Nous ouvrons en décembre un nouveau chalet de 300 mètres carrés aux Confins, à la Clusaz. Et si nous procédons comme à chaque intersaison à un rafraîchissement global de nos établissements, nous allons plus loin en ce qui concerne le Christinia***, dont la rénovation sera terminée le 8 juillet. Nous aurons également rénové à cette date la moitié des chambres du Beauregard****, l’autre moitié devant être livrée à l’automne. L’Alpen Roc***, lui, a été modernisé l’an dernier. Concernant l’Imperial Palace****, pour lequel 10 millions d’euros auront été investis depuis 2014, les travaux s’achèvent en mai. Il ne restera à réaliser que le premier étage du Centre des Congrès, prévu à l’hiver 2019.

A plus long terme, quelles sont vos perspectives de développement ?
A l’échéance 3-4 ans, nous allons mener à bien une dizaine de projets, notamment au Grand-Bornand, station voisine de La Clusaz. Et l’une des principales réalisations sera la construction d’un nouvel hôtel quatre étoiles aux Trésums, le site de l’ancien hôpital d’Annecy. Cet établissement, doté de nombreux espaces de séminaires, ouvrira ses portes en 2021.

Propos recueillis par Pascal Auclair