Fièrement dressé face à la Confluence, l’Aquarium de Lyon ne doit pas son plébiscite public au simple hasard. 200 000 curieux s’y pressent chaque année, faisant du site l’un des plus visités de la région. Le fruit d’un aménagement soigneusement réfléchi, avec un cheminement conçu comme un parcours au fil des lacs, mers et océans du monde, et surtout d’une gestion redevenue rigoureuse. Ouvert en 2001, le navire avait en effet rapidement pris de la gîte, jusqu’à son rachat en 2005 par le groupe espagnol Aspro Parks, leader européen du parc de loisirs, et la nomination début 2006 d’un nouveau capitaine chargé de colmater les brèches. En bon montagnard, le Grenoblois Yvan Boulat s’était rapidement adapté à son nouvel environnement, favorisant le retour à l’équilibre du deuxième aquarium ‘’terrestre*’’ de France. Cet ancien chef de projet au Centre des Congrès de Lyon avait aussi rapidement pris la mesure du potentiel d’affaires du site. Qui figure, aujourd’hui, parmi les lieux les plus propices à l’organisation d’un événement résolument atypique dans l’agglomération lyonnaise.

Comment se porte l’Aquarium de Lyon ?
Depuis 2010, le site bénéficie d’une croissance à deux chiffres. Nous avons accueilli 190 000 visiteurs en 2018, et l’année 2019 s’inscrit dans la même tendance.

Quelle est la part de votre activité d’affaires ?
La partie événementielle correspond à 15% de notre chiffre d’affaires. Nous avons aujourd’hui chaque année une soixantaine de dates liées à l’événementiel, qu’il s’agisse de séminaires, de cocktails dînatoires, de conférences, d’assemblées générales mais aussi d’arbres de Noël, un produit qui fonctionne particulièrement bien. Sur ces 60 événements, une quinzaine se traduisent par une privatisation complète du site, qui avec ses 4000 m2 peut accueillir jusqu’à 850 personnes.

Quels sont les atouts que vous faites valoir à vos clients d’affaires ?
L’aquarium, avec ses 300 espèces de poissons et requins, est avant tout un lieu qui fait rêver : nous ne vendons pas des espaces, mais un voyage qui, partant de la Confluence, vous emmène tout autour du monde. Notre positionnement fort en faveur de la biodiversité et les messages très pédagogiques que nous délivrons au public sont également susceptibles de séduire les entreprises particulièrement sensibles au sujet.

Très concrètement, quel type de prestations êtes-vous en mesure de proposer ?
Nos installations ont l’avantage d’être facilement ajustables aux besoins de nos clients. Notre auditorium de 250 places, un espace loin d’être courant à Lyon, occupe la place centrale de la plupart des événements que nous accueillons. Mais des réunions de travail peuvent être organisées dans l’ensemble de nos espaces, qui bénéficient de tout l’équipement nécessaire : vidéoprojecteur, mobilier, écrans plats, micros…. Nous proposons aussi une prestation traiteur de qualité adaptée aux demandes, ainsi que des activités team building type casino ou escape game, en plus des visites et autres animations propres au site.

Comment réussissez-vous à faire cohabiter vos deux publics ?
L’amphithéâtre garantit à nos clients un environnement calme et confidentiel. Ensuite, la présence du public, excepté en période de forte affluence comme les vacances scolaires, n’empêche pas la cohabitation. Après, nos clients peuvent aussi bénéficier du site aux heures de fermeture au public, les lundis et mardi toute la journée, et le soir à partir de 18 heures. La seule contrainte réside dans le respect de la faune aquatique, qui après une certaine heure a besoin de retrouver du calme. C’est donc elle qui pose les limites horaires !

Quelles sont vos perspectives de développement ?
Nous travaillons activement sur une extension du site, avec la création notamment d’un tunnel aquatique et d’une grande salle bordée d’un immense bassin, qui offrira de nouvelles possibilités en terme d’événements. Pour donner un ordre d’idée à cet agrandissement, le site dispose aujourd’hui de 1000 m3 d’eau, répartis dans 40 bassins dont un grand, celui des requins, de 400 m3. Demain, ce volume atteindra les 2000 m3, dont la moitié pour ce seul futur grand bassin.

*Aquarium situé à l’intérieur des terres, et non en bord de mer.

Propos recueillis par Philippe Frieh