Rencontre avec Julien Boully, directeur du développement de Culture Next

Filiale de l’association Arty Farty, la structure gestionnaire du festival Nuits Sonores, Culture Next est née en 2013 pour prendre les rênes du Sucre, l’emblématique rooftop culturel lyonnais installé au sommet de la Sucrière, à Confluence. Propulsé en quelques années vers les sommets internationaux par la grâce d’une programmation artistique toujours plus exigeante, Culture Next est aussi passée maître dans l’art de redonner une seconde vie aux bâtiments du passé. Ce savoir-faire en matière de privatisation d’espaces patrimoniaux, culturels et singuliers s’est concrétisé en 2016 par le lancement d’un concept, ‘’la Culture des lieux’’. Des lieux comme le Sucre, son navire amiral, et du restaurant A La Piscine (Piscine du Rhône). Mais aussi, à travers divers partenariats, du Transbordeur, du Quai des Arts (Subsistances) et de l’Espace Gerland, autant de sites dont la privatisation évènementielle assure une manne bienvenue à l’heure où s’amenuisent les aides publiques. L’émergence de cette activité bien spécifique méritant une gestion professionnelle, Julien Boully, commercial ‘’pur sucre’’ ayant fait ses armes chez Groupon, a rallié la société au printemps 2015 pour « apporter son expertise commerciale à des acteurs culturels dont ce n’est forcément pas la spécialité ! »

Comment se porte Culture Next ?
La société va bien, comme en témoigne l’activité incessante du Sucre. Déployé il y a un an et demi, le concept de la culture des lieux n’y est pas étranger, puisqu’il affiche une croissance frisant les 150%, du fait de l’arrivée de nouveaux lieux dans notre catalogue et de l’amélioration de l’offre. Nous sommes ainsi passés d’une quarantaine d’événements organisés en 2014 à plus de 120 aujourd’hui.

Quelle est la part de l’événementiel dans l’activité du Sucre ?
Pour 150 à 160 levées de rideaux culturels, nous accueillons désormais 50 à 60 événements privés d’entreprise chaque année. Et ce segment est clairement appelé à évoluer dans les prochaines années : la privatisation augmente, avec l’arrivée de nouveaux lieux, et nos équipes se structurent. Nous avons aujourd’hui cinq lieux référencés, et notre objectif est d’atteindre les dix sites à la fin 2019, principalement sur Lyon, notre fief, mais aussi à Paris, un marché sur lequel nous commençons à nous positionner. Rien n’est signé, mais cette orientation devrait se concrétiser dans les prochains mois. Ce n’est pas que Lyon est déjà devenue trop petite pour nous, mais il y a des opportunités qu’il faut savoir saisir !

Quels sont les atouts que vous mettez en avant auprès de votre clientèle événementielle ?
D’abord les lieux eux-mêmes, atypiques, bien positionnés et haut de gamme. Et bien sûr notre capacité à y assurer l’organisation d’événements. Nous nous appuyons sur des équipes de professionnels du spectacle et sur la gestion tous les week-ends de concerts, de clubs, de roller discos… Cette expertise multiple et croisée est un vrai plus pour nos clients : nous ne faisons pas que leur louer un lieu, nous les accompagnons dans l’organisation de leur événement d’entreprise. Tout l’écosystème Arty Farty contribue à cette contingence, et nous piochons dans nos compétences pour fournir des prestations complètes et sur-mesure.

Quel est le profil de votre clientèle ?
Nous avons la capacité et les différents formats susceptibles d’accueillir de 30 à 1500 personnes. Ce faisceau nous permet de satisfaire toutes les demandes, de la réunion de travail au cocktail en passant par le lancement de marque. Si 80% de nos clients sont issus de la région, nous avons de plus en plus de demandes émanant de groupes parisiens, attirés par la position centrale de Lyon et par nos conditions très compétitives. On peut en tout cas mesurer le rayonnement croissant de Lyon, qui se pose en véritable destination d’affaires, à l’aune de cet engouement parisien, mais aussi à travers l’intérêt récurrent de clients suisses ou italiens.

Avez-vous des offres spécifiques cette année ?
Depuis l’an dernier, nous proposons la privatisation de concerts VIP au Transbordeur. L’idée est de permettre aux entreprises de vivre l’ambiance du concert, mais dans un espace dédié pour une quarantaine de personnes, avec facilités d’accès et autres conditions privilégiées. L’an dernier, nous avions ainsi proposé 5 à 6 dates, nous en sommes à 18 cette année, avec des artistes comme Asaf Avidan ou encore Kim Wilde. C’est un format qui plaît. Il est important à mon sens de toujours proposer des offres qui suscitent l’intérêt et créent l’événement.

Quelles sont vos perspectives de développement ?
Notre projet majeur est celui de l’arrivée dans la culture des lieux de H7, le lieu totem de la french tech, au même endroit que notre laboratoire de projets culturels, Hôtel71. H7 à Confluence est l’un des futurs lieux de la ville, et le cœur de l’innovation à Lyon. Cet espace de 3500 m2 dédié à l’incubation proposera aussi 1000 m2 de surfaces événementielles, auxquelles s’ajouteront 600 m2 de terrasse couverte. L’offre sera complétée par un food court proposant des solutions alternatives, avec six enseignes sur conteneurs à roulettes qui se déplaceront à l’intérieur de l’événement.

Propos recueillis par Pascal Auclair