Rencontre avec… Sébastien Mérignargues, directeur de Courchevel Tourisme

Joyau des Trois-Vallées, la station de Courchevel a déjà ouvert sa saison hivernale grâce à l’arrivée prématurée de la neige. Un « or blanc » qui fait évidemment le bonheur de Sébastien Mérignargues, le nouveau directeur de Courchevel Tourisme, en poste depuis août dernier. En provenance du Grau du Roi-Port Camargue après avoir acquis une solide expérience de la montagne à La Clusaz, Piau-Engaly et douze ans à Tignes, Sébastien Mérignargues a pour mission d’insuffler une nouvelle dynamique à la station de la Tarentaise. Le tourisme d’affaires apparaît en bonne place dans cette stratégie de développement. Explications.

Comment se présente la saison 2017/2018 à Courchevel ?
Merveilleusement bien ! La neige est arrivée très tôt dans la station. Il y a une dizaine d’années que nous n’avons pas bénéficié de telles conditions d’enneigement à cette période de l’année. Cet enneigement exceptionnel, qui intervient après trois années de déficit de neige en début de saison, donne le sourire et le moral à tous les acteurs de la station. Tout le monde aborde la saison hivernale avec sérénité !

Justement, quelles seront les principales nouveautés de cette saison ?
En matière de remontées mécaniques, le remplacement de la télécabine six places de l’Ariondaz à Courchevel-Moriond par une nouvelle télécabine huit places ultra moderne, projet stratégique associé à l’ouverture d’une piste de luge conceptuelle sur le modèle d’un circuit de Formule 1. Un investissement d’un montant global de 21 millions d’euros. Parallèlement, l’hôtellerie de la station a encore été optimisée avec plusieurs chantiers de rénovation.

Le tourisme d’affaires est-il un axe de développement important pour la station ?
Forcément. Ce secteur a été un peu délaissé par le passé. Or, il présente un gros potentiel qui justifie les moyens et la démarche pro-active désormais engagée par la station. Nous avons déjà rationnalisé l’offre en regroupant les différentes structures commerciales au sein d’un seul et même pôle. Nous avons aussi pris le temps d’écouter les attentes des acteurs de la station. Le budget consacré au tourisme d’affaires est donc en hausse à Courchevel. Une ambition illustrée par le workshop organisé par SBE qui a réuni une cinquantaine d’acheteurs début décembre pour faire découvrir la destination et la diversité des produits proposés. Tout cela va se traduire par la conception d’un plan d’action en 2018, une vraie stratégie à moyen terme sur le marché du MICE avec une offre capable de répondre à toutes les demandes.

Quel est le profil-type de l’entreprise qui vient à Courchevel ? Quel est leur réseau ?
Jusqu’à présent, la moitié des entreprises nous contactaient en direct, les agences ne représentant que 15 à 20% du marché. Il faut augmenter ce ratio. C’est un de nos axes de travail. Concernant la provenance, les entreprises étrangères représentent environ un tiers du marché, dont 7% en provenance de Russie. L’impact du Brexit a eu un effet négatif sur le marché anglais. Les facilités d’accès la station, avec la gare TGV de Moutiers à 15 km, les aéroports de Lyon et de Genève, et la qualité du réseau autoroutier, sont des arguments à mettre en avant.

Avez-vous des projets pour 2018 pour optimiser votre offre ?
Oui. Nous avons une offre hôtelière pléthorique. En revanche, la station a encore des lacunes en matière d’infrastructures de grande envergure, ce qui nous exclut des gros séminaires et autres événements de plus de 350 personnes. Nous travaillons donc actuellement sur deux projets ambitieux de salles de 600 mètres carrés capables d’accueillir jusqu’à mille personnes. L’une se situe au Praz, l’autre à Courchevel 1850, au pied du stade de Coupe du Monde. Par ailleurs, nous allons créer un espace réceptif beaucoup plus confortable à l’altiport, dés l’hiver prochain, avec de vrais salons d’accueil. C’est un outil important, sachant que l’altiport enregistre jusqu’à 200 rotations par week-end.

Propos recueillis en décembre 2017 par Pascal Auclair.

www.courchevel.com