La mutation de Lyon-Saint Exupéry est dans l’air!

Dominique Perben, ministre des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer, a réservé pour Lyon, la signature de la première société aéroportuaire régionale de France, le 9 mars dernier.


En même temps qu’il reconduisait la concession des aéroports de Lyon-Saint Exupéry et de Lyon-Bron jusqu’en 2047, il jette les fondements juridiques d’une plus grande autonomie de ces équipements.Un phénomène qui devrait conduire à une gestion davantage entrepreneuriale, bien dans les mouvances décentralisatrices qui ont cours dans le pays. C’est en tout cas ce qu’a prévu la loi du 20 avril 2005, pour 11 grands aéroports régionaux, dont Lyon, mettant fin également à la précarité des gestionnaires, avec des périodes de concessions souvent courtes. Vient donc d’être constituée la société Aéroports de Lyon. Autour d’un capital de 148 000 €, elle associe dans un premier temps l’Etat pour 60 %, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon (Ccil) pour 25 %, et les trois collectivités locales, pour 15 %, à parts égales entre le Conseil Régional Rhône-Alpes, le Conseil Général du Rhône, et le Grand Lyon. Cette répartition est conclue stable jusqu’en 2009, date à laquelle l’Etat pourrait se désengager de la société, sans remettre en cause son caractère majoritairement public, jusqu’en 2013. Sans oublier, non plus, qu’Aéroports de Paris (Adp) a d’ores et déjà acquis un espace d’autonomie supplémentaire, grâce à l’ouverture au public d’une partie de son capital et qu’il bénéficie donc d’une longueur d’avance dans ce domaine. Le programme d’investissement qu’Adp financera dans la capitale s’élève à 2,5 milliards d’€ pour la période 2006/2010, un montant qui peut laisser rêveur décideurs et politiques régionaux… Car la bataille s’annonce féroce dans le domaine des transports aériens qui représentent « un élément fondamental de la croissance économique », comme l’appréciait Dominique Perben, à l’heure des signatures.


A Lyon, pour la mener, le conseil de surveillance d’Aéroports de Lyon, a élu son bureau pour les cinq prochaines années. Guy Mathiolon (président de la

Ccil) est nommé président du Conseil de Surveillance, avec Gilles Pardi (vice-président de la Ccil), pour vice-président. Le directoire est composé de trois membres, dont Yves Guyon (directeur général de la Ccil), président, et Philippe Bernand, directeur général des aéroports de Lyon, à partir de mai prochain. Cette structure sera-t-elle à même de relever les défis de l’avenir ? Ceux-ci ont pour nom deux segments qui constituent l’avenir du transport aérien : celui du

trafic low cost et celui du trafic intercontinental.Pour le premier, Saint Exupéry est toujours en l’attente d’un transporteur susceptible de s’engager à ses côtés, sur la structure de l’ex-terminal charter. « Nous souhaitons contracter avec une compagnie qui nous assure un minimum de 1 million de passagers par an », déclare Lionel Flasseur, directeur du marketing. Après le choix de Marseille-Provence par Ryanair, depuis novembre dernier, l’annonce prochaine par Easyjet pour sa prochainebase européenne, après Milan et Madrid, et pour lequel Lyon est en compétition, est donc très attendue. Pour l’autre, le Club des Entrepreneursqui s’était constitué pour la promotion de la plate-forme, est toujours frustré de l’absence de réponse de la part de Jean-Cyril Spinetta, le président d’Air France, qui avait pourtant promis « l’étude d’une solution pour l’Amérique du Nord », lors de sa dernière visite à Gérard Collomb (président du Grand Lyon) et Jean-Jacques Queyranne (président du Conseil Régional Rhône-Alpes), en 2005.

Dans le système concurrentiel des grandes régions européennes, c’est bien là le véritable enjeu de la nouvelle société. Outre son marché naturel, le premier en région et qui peut être élargi grâce à la gare Tgv, la plate-forme Rhône-Alpes présente des atouts majeurs, au premier rang desquels figure sa capacité d’expansion (900 hectares de réserve foncière). La nouvelle société va injecter 110 millions d’€, entre 2007 et 2011 pour porter sa capacité d’accueil au-delà des 10 millions de passagers. Déjà, 200 millions d’€ avaient été engagés sur la période 201/2005. Plus proche de nous, la Ccil de Lyon et son homologue Forézienne sont convenues de s’associer pour conjuguer les forces de Saint Exupéry et de Bouthéon. Un consensus qui doit contribuer à accroître la zone de chalandise de la plate-forme Rhône-Alpes, présentée comme l’une des clés pour attirer les compagnies aériennes.