président de la Chambre Syndicale du Rhône de l’Union des Métiers des Industries Hôtelières

Séminaire et business : Quel bilan peut-on tirer de l’hôtellerie lyonnaise pour 2006 ?
Roland Bernard : Il est on ne peut mieux positif. Le taux d’occupation des quatre étoiles a augmenté à 63 % et le prix moyen des chambres se situe désormais entre 150 à 160 €.

A contrario, l’hôtellerie économique a vu ses taux d’occupation passer, en trois ans, de 78 à 70 %. Des résultats qui confirment la bonne santé du tourisme d’affaires dans notre ville, une activité qui profite de l’effet de curiosité du nouvel Amphithéâtre et des efforts de structures telles que GL Events.

S. et B. : Quelles sont les perspectives pour cette année ?
R. B. : Ces résultats permettent aux professionnels de disposer d’une bonne lisibilité pour l’avenir et nous confortent dans l’idée de compléter le parc hôtelier dans le haut de gamme. Le chantier du nouvel hôtel « NH Hotelès » de Saint-Exupéry a démarré. Il doit remplacer l’actuel Sofitel à l’horizon 2009/2010. Il s’agit d’un investissement de 300 millions d’€ pour 240 chambres 4 étoiles.

S et B. : Y-a-t-il d’autres projets pour l’agglomération ?
R. B. : Nous venons de signer avec un Marriott-Coulthiard de 140 chambres au Confluent qui sera réalisé en 2009/2010 et nous sommes en discussion sur plusieurs dossiers. Sur le parc technologique de Saint-Priest, pour un trois étoiles, avec Louvre Hôtels, le groupe Choice et Sheraton. Sur la Zac de Saint-Clair, qui sera reliée à
la Cité Internationale par une passerelle, nous envisageons aussi un trois étoiles pour équilibrer l’offre économique. Il complètera l’accueil de
la Cité Internationale qui, avec l’ouverture du récent Concorde et le Hilton, offre 360 chambres trois et quatre étoiles.

S. et B. : Des réflexions sont en cours pour l’institution d’une cinquième étoile dans le classement hôtelier. Quelle est votre opinion ?
R. B. : C’est une idée qui vise à aligner l’offre de notre pays sur les normes internationales car il existe une partie de la clientèle pour qui le palace est une référence dans ses déplacements. A ce jour, ces cinq étoiles ne concerneront que certains établissements de Paris, de la Côte d’Azur ou de Normandie. Je pense qu’à Lyon, si des bâtiments tels que le Boscolo ou la Carlton voulaient prétendre à ce classement, ils devraient engager de lourds investissements.

 S. et B. : Le congrès de l’Umih se tiendra cette année à Lyon, pouvez-vous nous en dresser les grandes lignes ?
R. B. : Il se déroulera du 19 au 22 novembre à
la Cité Internationale et ce sera la 55° édition de cette manifestation qui ne s’est plus tenue à Lyon depuis 25 ans. Je compte y associer
la Fédération Nationale des Boissons (Fnb) et accueillir environ 1 200 professionnels. Je souhaite profiter de cette occasion pour montrer à une certaine jeunesse en mal d’ambition, voire en mal de vivre, que nos métiers représentent un formidable ascenseur social. Ce sera un moment où l’on fera en sorte de travailler l’image de nos professions, en mettant en avant son dynamisme, ses créations d’emploi, son caractère non délocalisable…

S. et B. : En revanche la restauration ne semble pas très en forme
R. B. : Nous sommes dans une évolution des comportements. La progression de la restauration rapide et thématique, la hausse des produits frais, le coût de la main d’œuvre, le niveau de Tva… ont pesé lourdement sur les bilans des restaurateurs traditionnels. De plus on ne doit pas tolérer que  des investisseurs qui n’ont aucune qualification, ouvrent des restaurants en profitant de leur notoriété, comme on le constate malheureusement à Lyon. Mais je reste optimiste, car les questions d’hygiène et de santé, de lutte contre la malbouffe et l’obésité, sont des valeurs montantes auprès des consommateurs qui reviendront à un certain équilibre.

Jean-François BELANGER